Les responsables du Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir en Turquie, se sont défendus jeudi devant la Cour constitutionnelle d’accusations d’activités anti-laïques qui pourraient mener à l’interdiction de leur formation issue de la mouvance islamiste.
«Nous souhaitons que la procédure s’achève le plus rapidement possible mais c’est évidemment au tribunal de décider d’un calendrier», pour un verdict a souligné le vice-Premier ministre Cemil Ciçek aux nombreux journalistes devant la sortie du tribunal.
Verdict dans «4 à 5 semaines»
Il a refusé de donner des détails sur la position qu’ils ont défendue dans la salle et s’est contenté de dire qu’elle reposait notamment sur les normes de la convention européenne des droits de l’Homme.
Le vice-président du tribunal Osman Paksüt a quant à lui indiqué que les juges pourraient statuer en l’espace de «4 à 5 semaines». L’AKP, issu de la mouvance islamiste, est accusé d’être un «foyer d’activités allant à l’encontre de la laïcité».
Dissolution du parti?
L’AKP rejette les accusations dont il fait l’objet se disant respectueux de la laïcité, mais dans les coulisses politiques d’Ankara, on parle d’ores et déjà de la création imminente d’un nouveau parti politique qu’intègreraient les députés de l’AKP en cas de dissolution.
La Cour constitutionnelle a statué en juin contre l’AKP au sujet du port du foulard islamique à l’université. Elle a annulé une réforme constitutionnelle du gouvernement autorisant le voile, qu’elle a jugée contraire au principe de laïcité. Cette décision a été perçue comme le signe avant-coureur d’une dissolution du parti.
Pour les partisans du gouvernement, cette procédure de dissolution est un «coup d’Etat judiciaire» contre un parti qui a été réélu il y a moins d’un an avec 47% des suffrages.
Source:franceblanche